Avenir flou pour les restaurants

repas a emporter.jpg

mercredi 21 avril 2021 - Actualités et Nouveautés

En octobre dernier, quand l’annonce d’une nouvelle fermeture des restaurants tombe - après un été plus ou moins normal - Éric, gérant du restaurant Chez l’Oncle Freddy, décide de tout miser sur la vente à emporter (VAE) et la livraison. “On y est allé à tâtons. On a fait des essais avant de s’adapter”, se souvient le Strasbourgeois. Entre les plats du jour et les publicités passées sur les réseaux sociaux, l’affaire a du mal à prendre. Le mois de décembre est plus fructueux, et les commandes se font de plus en plus nombreuses. 

S’adapter aux contraintes

Le confinement a durement touché le restaurateur, et pour s’en sortir, Eric décide de multiplier les plateformes… en revoyant aussi son offre. Il crée ainsi plusieurs marques. Entre cuisine traditionnelle alsacienne, spécialités autour des spaetzeles, knack en vedette… Éric a su rebondir et capter cette nouvelle demande accro aux plats à emporter. "Ça nous a permis de faire plus de volume et d’amortir le poids des frais fixes ”. Sans ça, il n’aurait pas pu rester ouvert tout ce temps.

Place aux acteurs locaux

Uber Eats, Deliveroo, JUST EAT, Kooglof… À Strasbourg, il existe de plus en plus de plateformes pour commander à manger en un seul clic. CroCroRico propose de “commander en un seul zeste”. Ce service de livraison 100 % local a été pensé par Arnaud Hubert et Thibaut Imbert. “On est ni Uber Eats, ni Kooglof (une plateforme coopérative de livraison locale Strasbourgeoise). On est un peu une voie intermédiaire”, souligne Thibaut, qui gère le CroCroRico périgourdin. Fin juin 2020, la phase de test de la plateforme s’établit là-bas, en Nouvelle-Aquitaine. Thibaut se questionne sur la mise en place “d’un système un peu plus équilibré entre restaurateur et plateforme”. L’idée plaît de suite à son cousin Arnaud, qui déménage très vite à Strasbourg, où “l’accueil a été top !”. Le lancement se fait en septembre 2020. Aujourd’hui, CroCroRico compte une vingtaine de restaurants partenaires. “Ce qui est génial, c’est la diversité qu’il y a. On a du libanais, de l’alsacien…”, s’enthousiasme Thibaut. L’objectif premier développé par CroCroRico ? “Redonner de l’autonomie aux restaurateurs et mettre à leur disposition des outils performants”. Ce qui attire les consommateurs ? L’aspect local. “Aujourd’hui j’ai l’impression que les gens sont prêts à payer pour que le restaurateur n’ait pas la corde au cou et que le livreur soit bien payé”, analyse le gérant de la plateforme. 

Vers une pérennisation de la vente à emporter ?

À l’heure de la réouverture, qu’en sera t-il de la VAE dans les restaurants ? Si les terrasses peuvent à nouveau accueillir du public, les restaurateurs vont-ils continuer à proposer des plats en livraison ? Thibaut est serein, “ça va rester dans les habitudes. La demande va perdurer”. D’après le fondateur de CroCroRico, la clientèle de la VAE n’est pas la même que celle qui se déplace pour manger au restaurant. En effet selon une étude(*), 57,47 % des personnes interrogées déclarent vouloir continuer de commander à emporter à la réouverture des restaurants. Une bonne nouvelle pour les restaurateurs.  Eric, de nature très optimiste, est plus nuancé : “Je pense que la demande va un peu baisser, parce que les restaurants vont reprendre du service en terrasse”. Concernant la livraison et la VAE, il est unanime, depuis la crise sanitaire : “C’est rentré dans la logique des gens de commander”. Propriétaire de deux restaurants, Eric ne sait pas encore comment la réouverture va se passer : “On réfléchit à utiliser le plus petit des établissements uniquement pour la VAE. Mais seulement si c’est rentable…”. 

(*) Etude réalisée entre le 20 et le 22 mars par LeMeilleurChezVous.com auprès de 806 onsommateurs français.

Camille Bresler

Photo : AdobeStock

Ces annonces pourraient aussi vous intéresser

Slackline - AdobeStock_439396919.jpg

La Slackline, sport de plein air dans les parcs et les jardins

La slackline, ou slack tout simplement, est une pratique sportive contemporaine qui se rapproche du funambulisme. Si vous vous promenez dans les parcs citadins, vous avez forcément croisé des pratiquants de ce sport, les « slackeurs ».
07/10/2021
Musée.jpg

50 000 places de spectacle à gagner

La Communauté européenne d’Alsace souhaite pousser les Alsaciens à retourner au cinéma, au théâtre, dans les musées et les festivals. 25 000 lots de 2 places seront attribués par tirage au sort.
07/10/2021