L’histoire locale en bulles : La cour des maléfices

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vendredi 1 janvier 2021 - Actualités et Nouveautés

Bien qu’elle tienne en 24 pages, c’est une longue histoire. La cour des maléfices, bande dessinée imaginée par Roland Perret, a connu que première publication au beau milieu des années 80, il y a 35 ans. L’album n’avait pas connu le succès espéré, à une époque où les lecteurs se passionnaient pour Les aventures d’Astérix ou Lucky Luke, pleines d’humour et de clin d’œil à l’époque contemporaine. En 2020,  le cadre culturel lui est plus favorable : « La bande dessinée historique s’est crédibilisée ces dernières années, raconte Roland Perret. Au niveau local, certains albums sur la cathédrale de Strasbourg ont œuvré dans ce sens. Aujourd’hui, on peut y relater des histoires réalistes, qui tiennent compte de la recherche historique et des mentalités de l’époque. »

La cour des maléfices nous ramène au début du XVIIème siècle et nous fait découvrir le monde reclus des moines de l’ordre des Chartreux : « La communauté de moines s’est installée à Molsheim en 1598, soit 7 ans après avoir été chassée de Strasbourg, commente Grégory Oswald, conservateur musée de Molsheim. Une église a été entièrement construite, entourée d’un cloître avec 18 cellules pour les moines, chacune agrémentée d’un petit jardin nommé ermitage. Car cet ordre est dédié à la contemplation : ceux qui y entrent offrent toutes leurs possessions pour consacrer leur existence à la prière. » Cet album s’attache à retracer l’un des épisodes les plus sombres vécus par la communauté : l’assassinat en 1619 du prieur par un étudiant du collège des jésuites, lequel s’est installé à quelques encablures de la Chartreuse entre 1615 et 1617. Un événement terrible mais très documenté, notamment grâce à des sources juridiques.

Une nouvelle édition entièrement actualisée

Ce n’est pas seulement une nouvelle publication, mais bien une nouvelle actualisation de la bande dessinée de Rolland Perret qui a été effectuée. Elaborée en noir et blanc pour sa première édition, elle a été colorisée avec le concours de l’artiste Jordane Desjardins. Les techniques actuelles ont de plus permis d’intégrer des dégradés et nuances de couleurs. L’intégration de la couleur, en plus de rendre l’album plus attrayant, donne aussi plus d’importance aux décors et vêtements portés par les protagonistes à l’époque. Le dessin a également été repris, en fonction des dernières découvertes historiques : « L’ancienne église Saint-Georges est représentée avec ses 2 tourelles, d’après un dessin d’époque retrouvé en 1994, explique Grégory Oswald. De même, la tour des Forgerons située à l’entrée de la ville, qui a disparu dans un incendie, est redessinée avec son toit pointu. »

Faire le lien avec le XXIème siècle

Un dossier de 12 pages, élaboré par le conservateur du musée, a été ajouté à cette nouvelle édition de l’album. Il fait le lien entre la période décrite dans les cases et les bulles, et la ville de Molsheim en 2020. Des copies des documents du tribunal qui a jugé l’assassin s’y trouvent, ainsi que des photos des bâtiments représentés dans les vignettes de la bande dessinée. « L’architecture du centre de Molsheim a toute sa place dans l’album, reconnaît Grégory Oswald. Des vestiges de la Chartreuse, dont le cloître, rénové  ces 30 dernières années et classé monument historique en 1998, sont toujours visibles aujourd’hui. » Il en est de même pour la maison du prieur, qui abrite aujourd’hui le musée de la ville.

La cour des maléfices, album tiré à 1 000 exemplaires, disponible auprès de l’office de tourisme de Molsheim.

Yves Junger

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