La patate douce... La patate douce à la cote en Alsace

patate-douce-1.jpg

lundi 2 novembre 2020 - Actualités et Nouveautés

Depuis quelques années, cette dernière gagne du terrain. Avec ses notes sucrées réconfortantes et de noisettes, cette “patate” originaire d’Amérique se retrouve de plus en plus à la carte de certains restaurants. Peut être pourra-t-elle un jour détrôner la traditionnelle frite qui accompagne généralement sur l’assiette une viande ou un poisson ?

Il y a quelques années encore, la patate douce se retrouvait rarement à la carte de nos restaurants. Aujourd’hui, elle accompagne des steaks, est servie avec du saumon, et se propose même en cornet de frites aux terrasses de bars… Dans nos supermarchés, elle est passé du rayon des légumes exotiques aux étalages de produits locaux. C’est dire l’engouement qu’il y a eu autour de cette pomme de terre si spéciale au goût sucré.

Patate douce “made in Elsass”

Si la patate douce a su s’imposer dans nos assiettes, en Alsace, les adeptes de cette belle et grosse “plante” qui vire parfois à l’orange sont de plus en plus nombreux. Face au succès fou de cette patate originaire d’Amérique, certains maraîchers alsaciens se sont mis à sa production. Face à la demande grandissante de plus en plus de maraîchers ont donc décidé de se diversifier. Direction Handschuheim, à quelques 15 kilomètres de Strasbourg, où le maraîcher alsacien Jean-Michel Obrecht s’est pris de passion pour les légumes anciens et originaux.

Parmi eux, la patate douce. Le Handschuheimois a d’ailleurs été l’un des premiers à se lancer dans la production de ce légume originaire d’outre-atlantique. Il a démarré avec la patate douce à chair orange - la plus courante en France - qui vient du Canada. Il existe d’ailleurs plus de 1000 variétés de patates douces dans le monde : à chair orange, blanche, rose, violette…

Récolte en octobre et légume d’hiver

La patate douce se sent bien dans un sol dit léger. Il faut dire qu’elle se plaît en Alsace, puisqu’elle demande peu d’eau. Elle s’est développée sans problème dans les terres de la région. Les maraîchers la plantent après les gelées du mois de mai, et sa récolte se fait de septembre à octobre. Un légume automnal donc. La patate douce requiert néanmoins une particularité : elle est sensible au froid. Pour la protéger, il faut la conserver dans un endroit tempéré (12°C environ), pour éviter qu’elle ne pourrisse.

Pour l’heure, les maraîchers ont trouvé la parade pour conserver leurs récoltes de patates douce sans accrocs : ils utilisent des serres réchauffées ou ont accès à des locaux chauffés. En fonction des goûts, il faut savoir que la patate douce gagne en sucrosité au fil des semaines. Pendant tout l’hiver le légume star se verra alors consommé en soupes, en purées, en rôties ou même en gratins… Certains l’aiment aussi en dessert, où la sucrosité de la patate douce se sublime dans des crèmes fouettées, des gâteaux ou encore des fondants aérés et légers. Bon appétit !

Différente de la pomme de terre

Le légume originaire d’Amérique est connu sous le nom de “patate douce”. Seulement, cette dernière n’a pas grand chose à voir avec nos pommes de terre. Les deux légumes ne sont même pas de la même famille. Et si l’on va plus loin, gustativement parlant, elles n’ont ni le même goût, ni la même consistance.

Néanmoins, en terme de mets salés, l’utilisation de la patate douce est similaire à celle de la pomme de terre : cuite à l’eau ou au four, frite ou sautée, en purée, en gratin… Petit plus : les feuilles de la patate douce se consomment à la manière des épinards, contrairement à celles de la pomme de terre qui sont toxiques. Là où la patate douce surpasse la pomme de terre, c’est au niveau des amidon. Elle en contient plus que la pomme de terre.

Des tropiques à l’hexagone

Tubercule de la famille du liseron, la patate douce est traditionnellement cultivée dans les régions tropicales : Venezuela, Pérou, Équateur... Mais depuis quelques années, on la trouve en métropole. La production française est encore balbutiante et surtout faite pour de la vente en circuit court, mais la patate douce issue de la production hexagonale est belle et bien ancrée.

D’après certaines sources, la culture de la patate douce en France date seulement de 1750. À cette époque, elle est alors cultivée par Richard et Gondouin, jardiniers de Louis XV qui appréciait ce tubercule. La “pomme de terre” tropicale revient ensuite à la mode vers 1796 grâce à Joséphine de Beauharnais - connue pour être la première épouse de l’empereur Napoléon premier et donc impératrice des Français de 1804 à 1809 - qui l’a fait cultiver à la Malmaison pour sa table. Ensuite, la culture de la patate douce est restée anecdotique en France, le climat n'y étant pas favorable. Aujourd’hui, certains se sont pris au jeu de la demande et ont fait le choix de cultiver ce légume au niveau local. Un pari fou qui a pris puisque la patate douce gagne du terrain en France. Et aussi en Alsace ! ■

Ces annonces pourraient aussi vous intéresser