Une année atypique pour le vignoble alsacien

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jeudi 7 octobre 2021 - Actualités et Nouveautés

En 2021, le climat aura joué des mauvais tours aux viticulteurs alsaciens. « On aura vécu, successivement, un coup de chaud dès le mois de mars, une brève période de gel en avril, heureusement sans dégâts, puis un temps printanier stagnant en avril-mai, avant un été très humide », retrace Guillaume Heitzmann, viticulteur indépendant à Ammerschwihr, dans le Haut-Rhin. Il tient à appliquer 
« une règle qui se vérifie » : compter 100 jours après la floraison pour que le raisin atteigne un bon niveau de maturité. La météo printanière induirait donc ce décalage au niveau des récoltes. Même souci dans le département du Bas-Rhin, mais ici, c’est plus « l’été humide et le manque d’ensoleillement » qui ont été durement ressentis, selon Roxane Hardy, responsable achat du raisin chez Arthur Metz. Cette entreprise possède des vignobles à l’entrée Nord de la route des vins, près de Marlenheim, et quelques-uns autour de Colmar. Dans tous les cas, les vendanges 2021 ont démarré plus tard que ces 4 dernières années. Plutôt une quinzaine de jours de décalage dans le Bas-Rhin, et près de 3 semaines dans le Sud de l’Alsace, où les vendanges n’ont démarré qu’à l’automne, le 20 ou 21 septembre.

Un recrutement moins aisé

Conséquence de ces dates décalées, la main-d’œuvre étudiante habituée des vendanges est moins disponible cette année. La rentrée universitaire s’approchant, ils préparent leur retour en cours, ou, pour certains, ont déjà rejoint les amphis et les salles de TD. Pourtant, la volonté d’embaucher et le nombre de postes à pourvoir est le même que les autres années. « Nous comptons encore 2 semaines de vendanges, jusqu’à la mi-octobre, estime Roxane Hardy. Ensuite, il faut ajouter un bon mois de travail en cave. » Ceux qui s’appuient sur des équipes stables de vendangeurs ont pu en revanche retrouver la quasi-totalité de leurs saisonniers.

Préserver la qualité

Autre difficulté pour les viticulteurs, une maladie de la vigne particulièrement virulente cette année : 
« Le mildiou est venu marteler le feuillage cet été, on n’a jamais connu une telle attaque, se rappelle Guillaume Heitzmann. Comme il pleuvait beaucoup, il n’était pas évident d’identifier les fenêtres d’intervention. Cela s’est joué à quelques traitements près, mais on a pu protéger  et contenir le potentiel de la récolte. » On déplore en revanche quelques pertes dans le Bas-Rhin, où les traitements ont parfois été insuffisants ou trop tardifs. Par conséquent, le rendement est réduit. « C’est très hétérogène selon les secteurs, mais on est sur une baisse de rendement de 20% en moyenne », détaille Roxane Hardy. Elle espère une cuvée à la qualité préservée, et un « vin qui tient en bouche. » 

Les vignerons alsaciens valorisent leur production, notamment par le label HVE 3 (haute valeur environnementale, niveau 3), plus haut niveau de certification environnementale des exploitation agricoles. Il témoigne d’une agriculture raisonnée et durable. Et devient un argument de distribution : il est de plus en plus demandé par les commerçants et les consommateurs. Produire du bon vin ne suffit plus, les clients attendent en plus une culture du raisin respectueuse de l’environnement.

Texte : Yves Junger
Photo : AdobeStock

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