Des vendanges presque comme les autres

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lundi 21 septembre 2020

Situé à Gertwiller, à mi-chemin entre Colmar et Strasbourg, le domaine Zeyssolff possède également des parcelles de vignes à Heiligenstein, Mittelbergheim et Scherwiller. Cette année, les vendanges se sont lancées dès le 26 août avec trois jours de récolte pour le crémant. Les vendanges traditionnelles, quant à elles, ont débuté le 9 septembre. Yvan Zeyssolff, qui a repris le domaine de ses parents en 1994, le confirme : « C’est un petit peu plus tôt que l’année dernière où les vendanges avaient commencé la première semaine du mois de septembre ».

Quid des mesures sanitaires

Pour constituer leur équipe de saisonniers, Yvan et Céline Zeyssolff n’ont pas eu besoin de faire appel à Alsace Vendanges (cellule de Pôle Emploi qui permet aux demandeurs d’emploi de trouver un job de vendangeur). « Il ne faut pas être trop nombreux sinon c’est la foire », prévient Yvan. Sur la dizaine de vendangeurs sur le pont cette année, l’un d’entres eux vient de Moselle : « Il est venu visiter notre cave le dimanche et il m’a demandé s’il pouvait venir faire les vendanges ».

Concernant le respect des mesures d’hygiène : « Ça s’est bien passé. Il y a des règles et il faut les suivre », admet le viticulteur. « Chaque vendangeur a reçu des masques et on a fait attention à ce que tout le monde les porte. Aucun réfractaire dans le lot », ajoute-t-il. Il faut dire que les amendes pour non port du masque sont salées, et qu’en cas de contrôle, vendangeur comme viticulteur, devront mettre la main à la poche. Aussi, « les saisonniers ont dû en arrivant sur le site, se laver les mains, puis utiliser du gel hydro alcoolique (...) et le repas de midi n’a pas été fourni comme les années précédentes », résume Yvan. Pour accompagner la mise en place de ces nouvelles règles sanitaires, les viticulteurs ont pu s’appuyer sur un guide préparé par la sécurité sociale agricole (MSA), qui ne leur a accordé aucune aide matérielle. « On ne nous a pas donné de masques ou de gel. C’est ma femme (Céline, NDLR) qui les achète », raconte Yvan.

« Du jour au lendemain tout s’est arrêté »

Outre les masques et le gel, les vendanges se sont passées comme les années précédentes au domaine Zeyssolff. Yvan se souvient amèrement de l’annonce du confinement en mars dernier : « Ca a été compliqué psychologiquement, ça a été dur (…) Du jour au lendemain tu dois dire à tout ton personnel, de rester à la maison. On avait un calendrier de visites (de la boutique et de la cave, NDLR) complet jusqu’à fin décembre, et du jour au lendemain tout s’est annulé ». Pour ce qu’il en est des gîtes que lui et sa femme possèdent, « il a fallu rembourser les clients ». Un coup dur pour les Zeyssolff.

Malgré ce manque à gagner, les Zeyssolff - qui ont dû cesser une partie de leur activité comme bon nombre de français - ont réussi « à bricoler pendant le confinement ». « On a essayé de faire tout ce qu’on pouvait pour maintenir l’activité », confie le viticulteur. La maison Zeyssolff a vu ses livraisons internet augmenter. Le confinement a donné à certains l’envie de consommer un peu plus de vin que d’habitude.

Cet été, Yvan et Céline n’ont pas trop eu à se plaindre. « Les mois de juillet et d'août ont été assez dynamiques », confie Yvan qui se dit même ravi de la reprise de l’activité. Les Zeyssolff ont d’ailleurs inauguré - en juillet - un espace scénographique dans leur cave. Les visiteurs peuvent y découvrir la projection d’un film immersif projeté sur les fûts. Un bel outil qui saura séduire la clientèle de la boutique, qui compte selon Yvan environ 80 % d’étrangers. La route du vin plaît toujours autant. ■