Le vrac s’exporte hors des grandes villes - Obernai et Rosheim

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vendredi 2 octobre 2020 - Actualités et Nouveautés

Pâtes, céréales, œufs, farines, légumineuses, fruits secs… Dans les rayons de la Cigogne en vrac, on trouve un peu de tout. L’épicerie située au cœur de Rosheim a ouvert ses portes en septembre 2018. Après deux ans d’existence, Marie-Ange “l’intrépide”, gérante du lieu, revient sur les débuts de son projet : « Ça s’est fait à force de volonté et de positivité. On travaille main dans la main avec des petits producteurs » pour donner un coup de pouce à l’économie locale. Originaire d’Illkirch et maman de trois enfants, Marie-Ange a ouvert l’épicerie avec son mari. Puis sa sœur et sa belle sœur ont rejoint l’aventure.

« Je consommais en vrac, bio, local dès que je pouvais », confie la trentenaire qui y voyait néanmoins un inconvénient « tout trouver dans un même endroit, dans le même secteur c’était compliqué ». Cette difficulté là, les habitants de Rosheim ne l’ont plus. Tout se centralise sur les étalages de la Cigogne en vrac.

Sans emballage et au poids

Même chose à Obernai, où le magasin Les Petits Bocaux concentre un riche assortiment de produits. Rendez-vous rue du Général Gouraud, dans la première épicerie 100 % vrac de la ville. Elle propose des produits locaux et bio vendus sans emballage. Une démarche défendue par Pauline Herzog qui a voulu créer une épicerie “zéro déchet”, son premier champ de bataille. « Mes grands-parents me l’ont inculqué dès toute petite, pas de gâchis », confesse la fondatrice qui gère de lieu de A à Z.

Le second : le bio. « L’un ne va pas sans l’autre », en convient l’alsacienne d’adoption depuis onze ans. Fin 2016, alors assistante de direction, Pauline décide de lancer une cagnotte de financement participatif pour concrétiser son projet. Après une belle campagne, elle récolte un peu plus de 3500 €. « Le projet a été très bien accueilli. Ça a bien pris dès le début grâce au crowdfunding », se souvient-elle.

« Le vrac c’est pas inconnu »

La demande à Rosheim est bien présente confirme Marie-Ange. « Au début c’était un challenge. Les gens nous disaient qu’on était fous de vouloir s’implanter à Rosheim. Et finalement la demande est bien là. Y’a des nouveaux habitants qui arrivent, des jeunes mamans, des végétariens et écolos... C’est cette clientèle là qu’on a gagnée ». Du côté de Pauline, le pari était moins risqué : « Obernai c’était l’endroit le plus opportun pour ouvrir (une épicerie vrac, NDLR) ».

En effet, avec le marché BiObernai - organisé depuis 15 ans - et une boulangerie sans gluten - L’Eden libre de gluten - le bio s’était déjà plutôt bien implanté dans la petite ville de 10 700 habitants.

Ce type de consommation, qui reste quand même une "niche", voit le jour ailleurs que dans les grandes villes. Et de plus en plus. Rosheim et Obernai, et le vrac s’exporte aussi à Benfeld, Ostwald, Soultz-sous-forêts, Hochfelden… S’il gagne de plus en plus les campagnes ou petites villes ? Pauline en est persuadée. « J’ai choisi Obernai, parce qu’à Strasbourg des projets commençaient à naître et tout se passe toujours là bas ». Avant d’ajouter, que « dans le réseau vrac, on voit qu’il y a beaucoup de magasins qui se développent dans les petites villes ».

La gérante de la Cigogne en vrac préfère nuancer : « Rosheim c’est pas si loin de Strasbourg, les habitants sont pas si campagnard que ça. Le vrac c’est pas inconnu pour les gens et pour certains c’est même devenu une habitude ». Habitude ou simple tendance, le vrac a encore de beaux jours devant lui. ■

   

Pour vous rendre à ces adresses :

• Les petits bocaux, 126 Rue du Général Gouraud, 67210 Obernai
• La cigogne en vrac, 97 A Rue du Gén de Gaulle, 67560 Rosheim 

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