ÉCLAIRAGE PUBLIC : Le couper au cœur de la nuit ?

Extinction nocturne de l’éclairage public

Quels avantages ?

De plus en plus de communes choisissent de couper l’éclairage public au cœur de la nuit. Les principales raisons évoquées sont les économies d’énergie et la protection de la biodiversité. Qu’en est-il réellement ?
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Selon l’Assemblée nationale, 40 % des installations d’éclairage ont plus de 25 ans et sont très énergivores. L’éclairage public représente 37 % de la facture d’électricité des communes, et sa rénovation devrait générer entre 40 et 80 % d’économies. Face à la hausse des prix, de plus en plus de maires procèdent à cette rénovation et installent des LED, qui sont plus efficientes, peuvent être graduées et limitent la pollution lumineuse, la lumière étant mieux dirigée vers la chaussée. Certains optent également pour l’extinction de l’éclairage au cœur de la nuit. C’est le cas à Strasbourg. Dans la capitale alsacienne, il a été décidé que les luminaires s’éteindront entre 1h et 5h dans certaines zones. L’objectif est d’aboutir à une extinction de 50 % des points lumineux, et à une baisse annuelle de 12 % des consommations d’énergie liées à l’éclairage public.

Quels bénéfices pour la faune ?

Côté environnement, la pollution lumineuse compromet l’observation des étoiles et a un impact sur la faune. Mais, selon un communiqué de l’Association Française de l’Éclairage, si 30 % des vertébrés et 60 % des invertébrés vivent totalement ou partiellement la nuit, leur pic d’activité se situe aux premières heures de la nuit et à l’aube. Couper l’éclairage au cœur de la nuit ne serait donc pas la solution. Pour répondre à cette problématique, d’autres mesures sont prises, comme la suppression des luminaires de type boule qui éclairent vers le ciel, ou la mise en place de contraintes de température de couleur pour les nouvelles installations. Les communes créent également des trames noires, des réseaux formés de sites où l’empreinte lumineuse est fortement limitée, voire nulle, et de corridors écologiques.

Éteindre tout en maintenant la sécurité

Côté sécurité, il est souvent rappelé que la majorité des cambriolages ont lieu le jour. L’absence d’éclairage ne devrait donc pas être une préoccupation. Sur les routes, certaines petites communes ont fait le choix de l’extinction, les déplacements étant rares la nuit, mais ont réduit la vitesse à 30 km/h pour limiter le danger. Des villes plus importantes ont choisi de maintenir l’éclairage sur les grands axes et, à Paris, des systèmes d’éclairage intelligent, avec détection de présence, sont en phase de déploiement.

Magali Burkhart

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