À bas des corvées d’arrosage !

Depuis 4 000 ans, cette technique d’arrosage fait des merveilles, elle est de plus en plus présente en Alsace.

© Poterie Hausswirth

Le terme olla (ou oya) vient de l’espagnol et signifie pot. Il s’agit plus précisément d’un contenant en terre cuite microporeuse, ayant le plus souvent la forme d’une jarre. La olla est dotée d’une ouverture sur le dessus et comporte un couvercle. Elle est enterrée au pied d’une plante, remplie d’eau et refermée. Seul le col de la jarre dépasse légèrement du sol afin de pouvoir réalimenter en eau. Grâce à la constitution poreuse, l’eau s’échappe doucement et directement au niveau des racines, pour un arrosage ciblé et efficace. La plante ne puise que ce dont elle a besoin et ne subit plus de stress hydrique. Ce système peut permettre d’économiser jusqu’à 70 % d’eau par rapport à la technique classique de l’arrosoir.

Un bon geste pour les plantes, et pour la planète !

Les ollas s’utilisent en pleine terre, dans des pots ou dans des jardinières. Elles peuvent être achetées, mais elles sont aussi très faciles à fabriquer. Pour cela, il suffit de choisir un pot en terre cuite, de boucher le trou du fond pour qu’il n’y ait pas de fuite, et de confectionner un couvercle. Les corvées d’arrosage sont ainsi réduites, l’eau est économisée, et cette technique permettrait également d’éviter la présence de limaces ! En Alsace, de plus en plus de particuliers et de communes ont recours à cette solution. Ils peuvent pour cela utiliser des produits locaux, puisque des potiers de la région en fabriquent !

Du made in Elsass

Par exemple, les poteries Ernewein-Haas et Hausswirth, de Soufflenheim créent des ollas. Christian Hausswirth, qui en commercialise différents modèles depuis trois ans, a découvert cette technique lors de voyages : « J’en ai vu pour la première fois en Espagne il y a quinze ans. Puis au Maroc quelques années plus tard, où des potiers m’ont expliqué à quoi cela servait. J’ai trouvé que l’idée était bonne, et j’ai fait des essais avec la terre de Soufflenheim, qui est poreuse et granuleuse. J’ai adapté la forme au climat de la région, notamment à cause du gel, et je me suis lancé. Les jardineries, communes et particuliers en achètent et sont satisfaits, car les ollas permettent d’économiser de l’eau et du temps ! », explique l’artisan

Magali Burkhart

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