Jamais sans ses cartes !
Marc Bittar alias Markobi, est un Strasbourgeois de 28 ans qui manie les cartes comme personne. Le 30 juillet 2022, il a été sacré champion du monde dans la catégorie cartomagie au Québec. Il nous dit tout sur son parcours et son amour envers la magie.

D’où vous vient cette passion pour la magie ?
« Depuis petit, j’aime surprendre les gens. J’ai appris quelques tours à 7 ans et j’ai adoré ça. C’est à 18 ans que je me suis vraiment lancé dans la magie. J’ai appris en autodidacte avec des vidéos et des livres. Mais j’ai plus misé sur la pratique en sortant faire des tours dans la rue. Ça a été rapidement excitant ! J’avais tendance à aller voir des inconnus ou à sortir mes cartes en soirée avec des amis. Les voir rêver pendant un tour c’est ça que j’aime, on rêve à travers eux. Il y a sept ans, c’est devenu mon métier officiel »
Est-ce que vous avez un tour préféré ?
« Pas vraiment, je vois la magie comme une mentalité. Cela sera toujours différent, j’improvise en fonction de ce que les gens répondent. Après, il y a des tours très simples que j’adore, comme quand j’utilise à peine quatre cartes. Mais je n’aime pas me réduire à ça. J’aime aller à contresens de ce que les gens voient, car ils ont souvent des attentes sur la magie »

Vous ne sortez jamais sans vos cartes ?
« C’est addictif. J’ai tendance à les avoir toujours entre les mains, ça m’arrive de faire des tours dans un bar, dans le train… Mais des fois je fais l’effort de sortir sans cartes. Et j’ai une vie normale pendant une heure ! »
Ça fait quoi d’être champion du monde ?
« C’est irréel, je ne m’en rends toujours pas compte d’avoir gagné. J’ai fait un numéro qui a détruit tous les stéréotypes. Par exemple, je n’étais pas en costume, mais en tenue de ville. En ayant commencé avec la rue, cela montre que c’est l’authenticité qui prime et pas forcément les effets spéciaux »
D’ailleurs, c’est quoi les championnats du monde de magie ?
« Il y a un championnat tous les trois ans, c’est l’équivalent des Jeux Olympiques. On a deux grandes catégories, la magie de proximité et de scène, et des sous-catégories. Il n’y a pas d’épreuve, chacun passe une fois. Si on se trompe c’est fini, c’est comme un 100 mètres pour athlète ! »
Et maintenant, c’est quoi la suite ?
« Je vais publier un livre pour les magiciens du monde entier. Ça me tient à cœur. Je veux partager mon expérience du championnat et mes travaux. Je suis aussi convié à des Congrès de magie dans plusieurs continents pour performer, donner des conférences. À long terme, je ne sais pas encore où aller. L’amour de ce parcours, c’est de ne pas savoir »
Propos recueillis par Julia Clementz